Vous connaissez quelqu’un qui veut mettre un terme à sa vie ?  Vous vous inquiètez pour cette personne, vous souhaitez lui venir en aide, mais ne savez pas comment ?

Comment motiver une personne en détresse à chercher ou accepter de l’aide ?

Une première chose sera toujours de s'informer le plus concrètement possible sur les services d'aides qui existent. Il pourra être utile de se renseigner directement par téléphone ou par Internet auprès du service choisi sur les aides proposées, les horaires, les modalités pour prendre rendez-vous, etc. Un dépliant ou une petite carte avec les coordonnées du service que vous pourrez remettre à la personne en détresse, lui permettra de prendre contact le moment venu.

Informez et proposez, sans mettre trop de pression. N'essayer pas d'imposer à la personne en détresse votre vue des choses et vos solutions. Faites-lui comprendre qu'il n'y a pas de honte à vouloir rechercher de l'aide auprès d'un professionnel.

Comment éviter une crise suicidaire auprès d’un proche ou d’un collègue ?

Tout d'abord, il est important de bien connaître les signes précurseurs menant vers une crise suicidaire (voir la liste des signes en cliquant ici). En vous intéressant à la question des signes précurseurs, vous avec effectué un premier pas important. Car essayer de comprendre la personne en souffrance, c'est lui permettre de se sentir mieux accepté. Comprendre la personne en détresse, sans juger, ni moraliser, l'écouter attentivement, est en quelques sortes la meilleure des choses que vous puissiez faire pour diminuer le risque suicidaire.

Nous vous encourageons  à ne pas rester seul avec cette situation et de rechercher de l'aide professionnelle (voir la liste des contacts en cliquant ici).

Il est important de savoir que les personnes en crise suicidaire sont très sensibles à tout signe d'impatience, de colère ou d'angoisse de la part de leur proche. Veillez à ce que ce moment d'écoute se passe calmement, peut-être autour d'un verre.

Vous pouvez lui poser éventuellement  des questions comme : « Qu'est-ce qui te fait mal au point de vouloir mourir ou te tuer ? » Même si vous ne comprenez pas tout à fait les raisons qui poussent cette personne à envisager le suicide, il est capital de prendre au sérieux ses remarques, ses émotions et ses actions. Remerciez la personne pour la confiance qu'elle vous offre.

Le désir de rechercher une solution pour votre proche/ami(e) est tout à fait compréhensible : mais ce n'est pas votre mission. Il ne faut surtout pas promettre quelque chose qu'on ne saurait pas assumer. Pour les personnes en souffrance psychologique, des promesses non tenues constituent une grave blessure psychologique et risquent d'anéantir la confiance qu'ils ont en vous.

Si la personne est très agitée et qu'elle a besoin de bouger, vous pourrez lui proposer une promenade à deux lors de laquelle elle pourra vous confier ce qui la préoccupe. Proposez-lui également par la suite, dans la mesure de votre disponibilité, des moments d'écoute à intervalles réguliers. Encouragez-la à consulter une personne ou un service spécialisé, tout en lui proposant de l'accompagner, si cela est souhaité.

Vivre avec une personne qui est en crise psychologique est souvent une lourde épreuve. Pour cette raison, nous vous invitons à rechercher également de l'aide pour vous-même.

Je n’en peux plus avec la souffrance de mon mari, que puis-je faire ?

Vivre au quotidien avec une personne suicidaire est extrêmement difficile. On est en permanence confronté à la question de la vie et de la mort. Souvent, on se sent impuissant et démuni, coupable de ne rien pouvoir faire, on se pose mille et une questions. Tout cela est très épuisant, d'où le danger de brûler toute son énergie, de se laisser aspirer dans la spirale de la dépression et du découragement.

Le plus important c'est d'essayer de retrouver des forces, de ne pas s'isoler et de parler de votre situation. Parfois, il peut paraître difficile de parler avec d'autres personnes de la famille, parce qu'on ne veut pas les accabler encore davantage. Mais le prix à payer pour cette volonté de se ménager mutuellement, est souvent l'isolement et un profond sentiment de solitude. Briser le silence, qui peut-être s'est instauré, pourra apporter un certain soulagement et atténuer le sentiment d'impuissance et de solitude.

Pour reprendre des forces vous pouvez aussi vous organiser une aide professionnelle, une personne, un endroit, un moment de la semaine ou vous pourrez exprimer vos sentiments, articuler vos idées, réfléchir de façon constructive sur votre façon de gérer votre situation de vie difficile et douloureuse. Voir à ce sujet la rubrique Où trouver de l'aide ? Des conseils pratiques, disponibles dans la rubrique Comment réagir ? pourront vous guider et vous accompagner dans cette démarche.  

Qu'est-ce qu'une psychothérapie et comment cela fonctionne-t-il ?

Le fonctionnement d'une psychothérapie dépend de nombreux facteurs (par exemple le problème en question, le cadre institutionnel, la formation et l'expérience du thérapeute, etc.) et ne peut donc être décrite ici que de manière très générale. De ce fait, il peut être très utile de demander à votre thérapeute tout au début de la prise en charge de vous expliquer en détail comment la thérapie se déroulera.

  1. Une fois que votre thérapeute vous aura présenté sa façon de travailler, il peut être utile de vous renseigner au sujet des formalités pratiques, telles que la durée des séances, leur fréquence, la confidentialité, les honoraires, etc. Ceci étant fait, vous pourrez commencer à présenter votre situation, vos problèmes, les pensées et émotions qui y sont liées. Le psychothérapeute essayera de se projeter dans votre situation personnelle afin de comprendre comment vous avez évolué vers cet état psychique qui vous perturbe. Dit autrement, le psychothérapeute essayera de voir la vie avec vos yeux. Il aura sans doute besoin de vous poser certaines questions (par exemple : Quand les problèmes ont-ils commencé ? Qu'avez-vous fait jusqu'à présent pour gérer ce problème ?), d'apprendre à connaître les situations concrètes qui vous perturbent (où, à quel moment, durant combien de temps ?), de comprendre quand est-ce que vous vous sentez mieux. Parfois même, il peut vous demander de remplir un questionnaire ou de le remplir ensemble avec vous. Alternativement, il pourra vous demander de faire un petit test psychologique.
  2. Il n'est pas toujours nécessaire que votre thérapeute connaisse tout sur votre vie, notamment votre enfance ou scolarité, etc. Parfois, il suffit de se baser sur le présent. Dans ce cas et selon les circonstances, quelques séances de 45 à 60 minutes peuvent suffire pour retrouver un état psychique serein.
  3. Les psychothérapeutes bien formés travaillent  avec des modèles théoriques de psychologie visant à cerner les causes et les circonstances qui ont pu mener à, voire préserver, un problème psychique quelconque. Après que le psychothérapeute se soit servi de ces modèles pour identifier votre situation personnelle, il pourra vous communiquer ses impressions et conclusions et les discuter avec vous.
  4. A partir de cet instant, votre psychothérapeute s'efforcera de mettre en place avec vous les objectifs à atteindre dans cette collaboration. Ces objectifs peuvent changer au cours de la prise en charge thérapeutique et doivent alors être reformulés en conséquence, et ce afin que vous et votre psychothérapeute puissiez vérifier que les objectifs ont bien été atteints (= efficacité de la psychothérapie)
  5. Après que le psychothérapeute ait compris votre problème et ses conséquences, qu'il ait fixé avec vous les objectifs à atteindre, il vous proposera, toujours sur la base du modèle théorique précisé auparavant, différents exercices psychologiques visant à aboutir aux objectifs fixés.
  6. Il se peut que la méthode utilisée soit la méthode de la conversation. Toute personne qui a déjà vécu une crise psychologique sait à quel point une simple conversation avec un(e) collègue ou un membre de la famille peut avoir des effets bénéfiques sur son propre état mental. Parallèlement à cette méthode, selon la formation du psychothérapeute, il se peut que celui-ci n'utilise aucune méthode dite verbale. Dans ce cas, il peut vous demander d'accomplir certains exercices entre les séances afin de les discuter plus en détails. Il peut également vous proposer des exercices de respiration ou de relaxation musculaire, des mises en situation durant lesquelles vous devrez simuler une situation journalière, des exercices issus de l'hypnothérapie. Parfois même, le psychothérapeute peut vous demander de produire une œuvre artistique (par exemple : une peinture, un collage, un poème, etc.). Certains psychothérapeutes peuvent recommander de lire un livre ou éventuellement de regarder une vidéo.
  7. Il se peut qu'à un moment de la thérapie, il soit nécessaire que votre psychothérapeute veuille discuter avec votre partenaire où avec un ou plusieurs membres de votre famille.
  8. Il est très important que votre psychothérapeute adapte les différents exercices et méthodes à votre problématique bien particulière. Votre devoir en tant que patient, sera de collaborer activement afin de remplir ce processus et les demandes du psychothérapeute par du contenu. La tâche du psychothérapeute sera alors de percevoir vos forces et vos capacités, afin de les développer et de les utiliser au mieux pour régler les problèmes qui vous perturbent.
  9. Vers la fin du traitement, les périodes entre les séances peuvent augmenter. En collaboration avec votre thérapeute, vous allez devoir préparer l'après-thérapie. Parfois, le psychothérapeute peut convenir d'un rendez-vous ou d'un appel téléphonique (par exemple : après six mois) pour voir comment vous allez.